Vous possédez un appartement sur la Côte d'Azur et vous envisagez de le louer en courte durée à une clientèle de passage ? Avant la première réservation, trois obligations vous concernent : la déclaration en mairie, l'obtention d'un numéro d'enregistrement et, selon votre situation, une autorisation de changement d'usage. Ces démarches ne sont pas optionnelles, et leur cadre a sensiblement durci au 1er janvier 2026, en particulier à Nice. Une déclaration manquante ou un numéro d'enregistrement absent de votre annonce vous expose à des amendes administratives, voire au retrait de votre annonce par les plateformes.
Ce guide fait le tri. Vous y trouverez la différence concrète entre une résidence principale et une résidence secondaire (la distinction qui change tout), le détail du numéro d'enregistrement, le fonctionnement du changement d'usage, les quotas niçois et les conditions techniques comme le DPE. L'objectif : que vous sachiez précisément ce que vous devez faire, dans quel ordre, avant d'accueillir votre premier voyageur. Si vous préférez déléguer entièrement ces formalités, c'est précisément ce que nous gérons en formule clé en main pour nos propriétaires, via notre service de gestion locative courte durée.
Meublé de tourisme : de quoi parle-t-on exactement ?
Un meublé de tourisme est un logement meublé proposé à la location à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile et y séjourne à la journée, à la semaine ou au mois. C'est la définition du Code du tourisme (article L.324-1-1). Concrètement, dès que vous louez votre appartement sur une plateforme type Airbnb, Booking ou Abritel pour de courts séjours, vous exploitez un meublé de tourisme — que ce soit un studio à Nice loué quelques week-ends ou un trois-pièces à Cannes loué tout l'été.
Cette qualification entraîne un socle d'obligations valable partout en France, auquel chaque commune ajoute ses propres règles locales. Sur la Côte d'Azur, les communes les plus tendues (Nice en tête) ont mis en place des dispositifs stricts de régulation. Il faut donc distinguer deux niveaux : ce qui s'applique à tout le monde, et ce qui dépend de votre ville et de la nature de votre bien.
Le socle commun : déclaration, numéro d'enregistrement, taxe de séjour
Trois obligations s'appliquent à tout meublé de tourisme, que ce soit votre résidence principale ou une résidence secondaire :
- La déclaration préalable en mairie, soumise à enregistrement. Dans les communes qui l'ont instaurée (c'est le cas de Nice et de la plupart des villes touristiques azuréennes), vous devez déclarer votre meublé avant la mise en location.
- Le numéro d'enregistrement, attribué à l'issue de cette déclaration. Il doit figurer sur chacune de vos annonces, quelle que soit la plateforme. Son absence est l'un des motifs de sanction les plus fréquents.
- La taxe de séjour, que vous collectez auprès des voyageurs et reversez à la collectivité. Les plateformes la collectent souvent pour vous, mais la responsabilité de sa bonne application vous incombe. Nous détaillons son fonctionnement dans notre article dédié à la taxe de séjour sur la Côte d'Azur.
Résidence principale ou secondaire : la distinction qui change tout
C'est le point le plus important de ce guide, et celui qui détermine l'ampleur de vos démarches. La réglementation traite très différemment un logement où vous vivez la majorité de l'année et un logement que vous détenez pour le louer ou pour vos séjours occasionnels.
Une résidence principale est le logement que vous occupez au moins huit mois par an (sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure). Une résidence secondaire est tout autre logement : pied-à-terre, investissement locatif, bien hérité, second logement utilisé quelques semaines par an.
Résidence principale : la règle des 90 jours à Nice depuis 2026
Si vous louez votre résidence principale en courte durée — typiquement pendant vos absences — vous bénéficiez d'un régime allégé. À Nice, depuis le 1er janvier 2026, vous pouvez la louer à une clientèle de passage jusqu'à 90 jours cumulés par an, sans demande de changement d'usage. Cette autorisation est automatique tant que vous ne dépassez pas ce plafond.
Attention : ce seuil a changé. Jusqu'au 31 décembre 2025, la limite niçoise était de 120 jours. Tout contenu, simulateur ou conseil mentionnant encore « 120 jours » à Nice est désormais obsolète. Depuis 2026, c'est bien 90 jours. Cette baisse réduit mécaniquement le potentiel de revenus d'une résidence principale louée en saisonnier, et renforce l'intérêt d'optimiser chaque nuitée disponible.
Même sous le régime des 90 jours, vous restez tenu de déclarer votre meublé en mairie, d'afficher votre numéro d'enregistrement et de collecter la taxe de séjour. Le plafond ne dispense d'aucune de ces formalités : il dispense seulement de la lourde procédure de changement d'usage.
Résidence secondaire : autorisation dès la première nuitée
Pour une résidence secondaire, le régime est nettement plus contraignant. À Nice, une autorisation de changement d'usage est obligatoire dès la première nuitée. Il n'existe aucun seuil de tolérance : que vous louiez 5 nuits ou 250 nuits par an, l'autorisation est requise avant la mise en location.
Cette autorisation est temporaire (3 ans), non renouvelable, non fractionnable et nominative : elle est attachée à vous, en tant que propriétaire (foyer fiscal), et ne peut être ni cédée, ni transférée à un autre bien. Vous ne pouvez obtenir qu'une seule autorisation sans compensation par foyer fiscal. Au-delà de 3 ans, ou dès que vous souhaitez louer un deuxième logement, vous basculez dans un régime dit « de compensation » (transformer en habitation un local d'un autre usage) ou de location mixte — des dispositifs lourds, réservés aux investisseurs avertis.
| Critère | Résidence principale (Nice, 2026) | Résidence secondaire (Nice, 2026) |
|---|---|---|
| Changement d'usage | Non requis jusqu'à 90 j/an | Obligatoire dès la 1re nuitée |
| Plafond de location | 90 jours cumulés/an | Pas de plafond, mais autorisation à durée limitée (3 ans) |
| Déclaration + n° d'enregistrement | Obligatoire | Obligatoire |
| Taxe de séjour | Obligatoire | Obligatoire |
| Renouvellement | Sans objet | Non renouvelable (puis compensation ou mixte) |
| Quotas par zone | Non concernée | Oui, selon la zone |
Le numéro d'enregistrement, étape par étape
Le numéro d'enregistrement est la pièce maîtresse de votre conformité. Sans lui, vos annonces sont en infraction et certaines plateformes refusent même la publication. Voici comment l'obtenir.
- Identifiez votre commune et son téléservice. À Nice, la déclaration et la demande de changement d'usage passent par le téléservice de la Métropole Nice Côte d'Azur, rubrique « Logement › Changement d'usage ». Les autres communes (Cannes, Antibes, Cagnes-sur-Mer…) disposent de leurs propres guichets.
- Rassemblez les pièces. Identité du déclarant, adresse précise du logement, références cadastrales, statut du bien (principal ou secondaire) et, pour une résidence secondaire à Nice, les éléments techniques exigés (DPE, attestation de conformité au règlement de copropriété, etc.).
- Déposez la déclaration. Pour une résidence principale dans la limite des 90 jours, la déclaration vaut enregistrement et le numéro vous est attribué. Pour une résidence secondaire, la déclaration s'accompagne de la demande d'autorisation de changement d'usage.
- Affichez le numéro sur toutes vos annonces. Chaque plateforme dispose d'un champ dédié. Un numéro manquant ou erroné est un motif de sanction direct.
Ces formalités sont chronophages et leur moindre erreur peut retarder votre mise en location de plusieurs semaines. Beaucoup de nos propriétaires nous confient cette partie : nous montons le dossier, suivons l'instruction et veillons à la conformité des annonces. Pour en discuter, contactez-nous pour une estimation et la prise en charge de vos démarches.
Le changement d'usage à Nice : zones, quotas et calendrier
Pour une résidence secondaire à Nice, l'autorisation de changement d'usage n'est pas qu'une formalité de plus : dans certaines zones, elle est contingentée. La Métropole a défini un nombre maximal d'autorisations délivrées chaque année, ce qui crée une véritable concurrence entre propriétaires.
Les zones à quotas
Nice compte 4 zones réparties sur 39 IRIS, pour un total de 671 autorisations par an maximum (soit environ 1,5 % des résidences principales de ce type). La répartition est la suivante :
| Zone | Autorisations annuelles maximum |
|---|---|
| Vieux Nice | 38 |
| Riquier – Port – Mont Boron | 227 |
| Centre-Ville | 298 |
| Ouest | 108 |
| Total | 671 |
Le Vieux Nice, très prisé, est aussi le plus restreint : 38 autorisations seulement. Mieux vaut donc préparer son dossier avec soin et le déposer dès l'ouverture du guichet.
Le calendrier des candidatures
Pour les zones à quotas, les candidatures s'ouvrent du 1er au 28 ou 29 février chaque année, exclusivement via le téléservice. Les dossiers sont traités par ordre d'arrivée (horodatage), et un seul dossier par propriétaire est accepté à chaque ouverture. Hors zones à quotas, le dépôt peut se faire par téléservice (recommandé) ou en version papier.
Côté délais : l'instruction dure 3 mois à compter de l'accusé de réception, et le silence de l'administration vaut refus. Pour un dossier hors quota incomplet, vous disposez de 15 jours pour le compléter, faute de quoi il est rejeté. Autrement dit, l'anticipation est votre meilleure alliée.
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Les conditions techniques du logement
Obtenir l'autorisation de changement d'usage pour un meublé de tourisme à Nice suppose que votre logement respecte plusieurs conditions techniques. La plus structurante en 2026 concerne la performance énergétique.
- DPE classe A à E obligatoire. Pour obtenir l'autorisation, votre logement doit afficher un Diagnostic de Performance Énergétique compris entre A et E. Les passoires thermiques (F et G) sont exclues. À compter de 2034, l'exigence se durcira encore (A à D). Si votre bien est mal classé, des travaux de rénovation peuvent être nécessaires avant toute mise en location.
- Logement décent. Le bien doit respecter les critères de décence (décret 2002-120) et ne faire l'objet ni d'un arrêté de péril, ni d'insalubrité.
- Conformité au règlement de copropriété. Vous devez attester sur l'honneur que la location meublée de courte durée est compatible avec le règlement de votre copropriété. Certains règlements l'interdisent purement et simplement.
- Logement loué en entier. Une seule autorisation par logement, qui doit être loué dans son intégralité (pas de contrats simultanés sur des chambres séparées).
Pour une sous-location, l'accord écrit du bailleur est indispensable et le loyer demandé ne peut excéder votre propre loyer ; la sous-location d'un logement HLM est, elle, strictement interdite.
L'alternative pour contourner les contraintes : la location mixte
Face à un changement d'usage de plus en plus difficile à obtenir pour une résidence secondaire, une formule hybride gagne du terrain : la location mixte. Le principe : louer le logement à un public étudiant ou en mobilité pendant 5 à 6 mois, puis en courte durée touristique pendant 3 mois l'été (juin-juillet-août ou juillet-août-septembre). Ce dispositif, conditionné à des conventions signées avec la Ville et la Métropole, permet de concilier rentabilité estivale et utilité sociale du logement le reste de l'année.
C'est une stratégie particulièrement pertinente sur la Côte d'Azur, où la demande étudiante est forte hors saison et la demande touristique explose l'été. Nous accompagnons les propriétaires sur ce montage, notamment via le bail mobilité, dont la commission est réduite à 8 %. Pour estimer le potentiel de votre bien selon les différentes formules, notre simulateur de revenus locatifs vous donne une première fourchette en quelques clics.
Les sanctions en cas de non-respect
La régulation des meublés de tourisme s'accompagne de sanctions financières dissuasives. Louer sans déclaration, sans numéro d'enregistrement ou sans autorisation de changement d'usage (pour une résidence secondaire) vous expose à des amendes administratives qui peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros par infraction. Le défaut d'affichage du numéro d'enregistrement sur une annonce, la fausse déclaration ou le dépassement du plafond de 90 jours pour une résidence principale sont autant de motifs de poursuite.
Les contrôles se sont intensifiés : croisement des données des plateformes, signalements de voisinage, vérifications de la Mission Protection des Logements. À cela s'ajoute le risque, côté plateforme, de voir votre annonce suspendue ou supprimée. La conformité n'est donc pas qu'une question de principe : c'est la condition pour exploiter sereinement et durablement votre bien.
En pratique : par où commencer ?
Avant votre première réservation, posez-vous les bonnes questions dans l'ordre. Mon bien est-il ma résidence principale ou secondaire ? Dans quelle commune se situe-t-il, et quelles sont ses règles locales ? Si c'est une résidence secondaire à Nice, dans quelle zone se trouve-t-il et reste-t-il des autorisations disponibles ? Mon DPE est-il au moins classé E ? Mon règlement de copropriété autorise-t-il la location courte durée ?
Une fois ce diagnostic posé, vous saurez si vous relevez du régime simple des 90 jours (résidence principale) ou du parcours plus exigeant du changement d'usage (résidence secondaire). Dans tous les cas, la déclaration, le numéro d'enregistrement et la taxe de séjour restent vos trois obligations de base.
Chez Azur Hébergements, nous prenons en charge l'intégralité de ces démarches pour nos propriétaires, en plus de la gestion locative complète (annonces, accueil, ménage, optimisation tarifaire), avec une commission à partir de 20 % en saisonnier et sans frais cachés. Si vous souhaitez un accompagnement de A à Z, ou simplement une estimation des revenus de votre logement, parlons-en. Et pour replacer ces obligations dans le cadre spécifique de la Ville de Nice, consultez notre guide complet sur la réglementation Airbnb à Nice en 2026.
Réglementation évolutive et propre à chaque commune : vérifiez systématiquement les règles applicables auprès de la Métropole Nice Côte d'Azur et, pour tout sujet fiscal, auprès de votre expert-comptable.





